dimanche 22 décembre 2013

TOP 13 ALBUMS 2013 : 9 à 7

9. Hall of Fame de Big Sean 
Ecrit par HKB

Oh God !!!!!!

Mille sabords ! Bachibouzouk! On connait tous (j’espère) ces expressions. En écoutant Big Sean, on a droit à ses fameux ad-libs comme « Boi » que sa mère reprend dans Nothing Is Stopping You, ou encore « I do it ». “I know I'mma get it, I just don't know how” Ce sont les premières paroles du rappeur de Detroit qui témoignent de la mentalité des jeunes issus de la Motor City qui, à l’agonie, a récemment déclaré faillite. C’est la résultante de Finally Famous. Sean place la réussite au dessus de tout, c’est comme respirer pour lui “But I can't get paid from the crib, so I'll be gone 'til we on” (op.cit) “Gotta hustle every second, stacking paper every week” (Fire). D’ailleurs il est inexhaustible sur le succès, l’argent qu’il a amassé, les filles qu’il a … euh rencontrées(!). Mais le succès, ce n’est pas de devenir célèbre par tous les moyens par une vidéo faite maison comme la future femme de son mentor Kanye West. Ni de laisser de côté ceux qui vous ont connu quand vous étiez sans-le-sou, bien que cela soit parfois impossible (Ashley ft. Miguel). Ce sont les statistiques qui font le Hall of Fame “Dreams stopped being dreams when I turned 'em into goals” (First Chain). Le membre du G.O.O.D Music vit la « Good Life » et dans son philanthropisme il voudrait nous y inviter, qu’à l’orée de 2014 celles et ceux qui n’ont pas encore accepter cette mentalité de la prospérité en soient habités. « Oh God » il l’a fait…


8. Legends Never Die de R.A The Rugged Man

“This for hip-hop heads, everyone else fuck your opinions
This ain't generic pop novelty rap, I'm reigning supreme”
"I'm not the King of New York, I'm the king of the whole game"
C’est un album pour tous les NERDS du Hip Hop. Ceux qui sortent à chaque fois qu’un nouveau son fait surface : « Pff c’est pas du Rap ça». Ceux qui saignent du nez dès qu'ils entendent le triptyque combo "Turn-Up Molly Swag". Ceux qui répondent toujours avec « à ses débuts » ou « à l’ancienne» à la fin de leurs phrases, lorsqu’ils doivent donner leur avis sur un rappeur. « Jay-Z à ses débuts» « Busta Rhymes à l’ancienne» ou encore «J’aimais Fat Joe quand il avait faim». Pour ces gens-là, R.A The Rugged Man ne peut pas être « trop mainstream » , ils peuvent que kiffer cet album de l’un des plus grands MC du Rap Underground. Celui qui a réussi à faire dire à BIGGIE "I thought I was the illest" (en faisant référence à R.A), celui qu’on voulait transformer en un vulgaire « Redman blanc » à  Jive Records (1992) s’est perdu en cours de route. Ingérable, insaisissable, trop indépendant, R.A n’a jamais voulu faire l’unanimité. Sauf que Legends Never Die est un chef d’œuvre consensuel. « Definition of a rap flow » peut servir de base pour une hypothétique école du Hip Hop. Un vestige musical provenant tout droit des années fastes du Hip Hop. En gros, cet album aurait pu sortir en 1994 et s’installé tranquillement dans le Top 5 aux côté des Common, Big et Nas. Les références, les beats, les collaborations, tout empeste l’âge d’or du Rap. The Rugged Man a un flow corrosif mais doux à l’oreille, un débit tantôt rapide tantôt « Twista », il prend tout même la peine d’accentuer ses punchlines. “Too much lyricism to digest , I do it on purpose /Two of my bars is more lyrical than two of your verses”! “Learn Truth” avec Talib Kweli est d’une justesse verbale affligeante, un modèle dans le genre "Rap conscient". Ils se penchent au chevet du monde et décrivent d’un regard courroucé ce qu’ils voient. Émouvant ! Comme « Daddy’s Halo » un son dédié à son père, son idole. R.A aurait pu être Eminem et il le sait. Il suffisait juste de trouver son Dr.Dre (ça aurait pu être Just Blaze). Il aurait pu avoir une autre carrière s’il n’était pas aussi incontrôlable, aussi fou, aussi "rugged". ”Fuck the media posing as experts /Fuck the radio, fuck the television networks”. ..Ceci explique cela (entre autre)! A bientôt 40 ans, la légende de N.Y est aussi chaud qu’El Azizia en été. L’album s’écoute sans sauter une piste, on rentre dans un univers pisseux et sordide, où débauche est synonyme de normalité, bizarre mais sincère, où la grisaille ne dure pas plus que 2 sons à la suite. Le champion du peuple n’est peut-être pas au sommet mais pas loin de son meilleur niveau comme quoi Les légendes ne meurent jamais…    

7.  Wolf de Tyler The Creator
"Just wanted to tell you guys, my life is awesome as fuck"
“Fuck you, fuck you, fuck you, fuck him
Fuck everything else I can see
I know, fuck you I hate you so fucking much
I know you think I'm crazy
Cause I think you’re a fucking fag”

Un parangon de défiance du politiquement correcte. Une envie de déféquer sur tous les clichés existants tout en continuant de les perpétrer car ils sont quand même drôles. Un paradoxal amusant, pour celui qui semble (in)consciemment repousser le plus loin possible les stéréotypes dans son milieu. Tyler The Creator, rappeur, musicien, réalisateur, producteur, créateur du mouvement WolfGang et de la marque Golf, a seulement 22 ans et est le symbole du Rap 2.0. La génération qui s’expose aisément sur les réseaux sociaux et se montre très proche de son public. Wolf est un album rempli d’unicornes, de cafards, de personnages sortant tout droit d’une séance psychiatrique, l'univers de Tyler. Ce dernier met une limite à son introspection au micro. En effet, lorsqu’il estime s'être trop dévoilé et que ses lyrics frôlent la sensibilité; il nous repousse à l’aide d’un ferme « FAGGOT SUCK MY DICK » comme dans cette merveille d'« Answer », où il parle de son père nigérian. Quand Tyler pose avec « sérieux » et non avec facilité, c’est l’un des meilleurs MC dans le Rap. « 48 » , avec une simple intro de Nas, est juste frappant dans l’analyse - des raisons pour laquelle une personne se met à dealer du crack - plus que dans le lyrisme flamboyant. Lui qui admire la folie d'Eminem se prête à son tour au jeu du fan fou.« Colossus » est l'histoire d'un Stan qui rappe sa fièvre amoureuse à Tyler, époustouflant d’intensité, d'hilarité et de recul. Celui qui conçoit GTA comme une religion n’est pas juste un jeune qui hait les méduses et qui refuse de grandir comme le décrivent les médias. A travers « Akward » et « IFHY » le jeune rappeur californien nous livre sa version acerbe de l’amour. L’homme aux multiples alter-ego - car selon lui, utiliser le terme « alias» c’est pour les gens qui s’emmerdent – en fait référence dans « Pigs ». Il parle de son enfance et de la définition de son mouvement WolfGang (être sois même et fuck les Tyrans). Pour comprendre le paradigme Tyler The Creator, il faut écouter une seule chanson de cet album : « Rusty ».  Drug free and alcohol free, Tyler parait même plus mature que les jeunes de son âge: ”In a world where kids my age are popping Mollies with leather/Sitting on Tumblr, never outside or enjoying the weather”. Wolf est un très bon opus pour les amateurs de textes et d’instrus mélancoliques. Pour ceux qui sont plutôt Trap music, allez directement à la piste 15! Hors sujet parlant, Tyler The Creator a réalisé le clip Glowing de D.A (chanteur californien), un bijou esthétique montrant que sa vision du monde n’est pas que skateboard et faire des conneries...    

samedi 21 décembre 2013

TOP 13 ALBUMS HIPHOP 2013: 13 à 10

Les treize albums à écouter avant 2014...

13. Because the Internet de Childish Gambino


Aww, such a Geek
Kinison said if you gonna miss heaven.../Why do it by two inches?Old money and new bitches

Réduire Donald Glover aka Childish Gambino à un freestyle de Charles Hamilton, à un mini Kanye West ou encore futur Will Smith serait paresseux mais tellement censé. Originaire de Californie, ce bonhomme aux épaules creuses qui a vécu dans le Sud (Georgie) est cliniquement talentueux. Il réussit tout ce qu’il entreprend artistiquement avec une facilité qui le rend peut-être «trop» pour ses pairs. En gros, il énerve ! « Because the internet » résume ces quelques lignes. Artiste avant d’être rappeur, il souhaite embarquer son public dans son monde. Il nous oblige à savourer son œuvre et non la consommer en quelques clics, cherchant abusivement le beat qui va nous faire le même effet que « Tin Tin/Tin Tin/ Tin Tin/ Tin Tin Tin/ Ball so hard »... Dur de ne pas entonner machinalement le refrain de « The Worst Guys » ou de ne kiffer pas le délire de « Worldstar ». Childish est geek-rappeur qui nous offre de fines métaphores, quelques gimmicks du moment (Brrrrrrrrrrrrr), des sons/interludes/instrumental d’une minute, des portes qui s’ouvrent bref un album à l’image du personnage éclectique qu'il est. Il arrive qui pousse un peu la chansonnette, bien aidé par un mixage carré « Flight of the Navigator » et « Telegraph Ave » et ça passe.  Il sévit à mi-chemin entre des propos conscients voire futuristes et une désinvolture décuplée par la superficialité de son milieu. « Bino » nous montre qu'il prend le rap au sérieux...(And I'm out of this world like Tang, nigga/That's a space bar, man, I hate y'all). 

12. Marshall Mathers LP 2 de Eminem 


Rick Rubin, co-producteur du MNLP 2
Eminem me saoule. Je ne passe pas par quatre chemins, ce rappeur-là, me trouble. Jusqu’à quand Kim sera le fil conducteur de tous ces albums ? (KIM, son ex et mère de sa fille). Eminem est un génie (blablabla), un « real MC » mais surtout un sempiternel dépressif  et l’un des rappeurs les plus thérapeutiques du milieu. Chaque album est une thérapie pour lui. Désormais sobre, il tape dorénavant dans le spleen que dans les blagues pipi-caca. Il rabote ses flows, radote sa tristesse, ragote des conneries. Les thèmes varient rarement mais de nouvelles émotions font surface. Il se confie à nous comme pour se débarrasser de ses pensées sordides qui l’habitent. Il partage ses ressentiments, sa haine frivole des homosexuels et de Christopher Reeves (haha), ses fantasmes inavouées, son complexe – celui d’être le meilleur rappeur dans ce sport de noir - avec son public depuis plus de 15 ans. Eminem « keeps it too real » c’est dire qu’il rappe que du vrai, que du vécu. Il est "Hip Hop" depuis le premier jour. Detroit depuis toujours. Et c’est une bonne chose. MMLP 2 en cela est un album réussi et poignant. Lyricalement, « Baby » et « Evil Twin » m’ont fait éclater de rire et secouer ma tête dans le métro. Fuck top five, bitch, I'm top four /And that includes Biggie and Pac, whore/And I got an Evil Twin/ So who the fuck do you think that third and that fourth spot's for? J’aime quand Slim Shady arrache le trône ! « Bad Guy », « Headlights » et « So far » le pan de tristesse qui font qu’Eminem reste le rappeur le plus badant de ces dernières années. "My life is garbage and I'm'bout to take it out on you/Poof, then I'm gone, voosh."   

11. Yeezus de Kanye West 
Ecrit par HKB

Seigneur, Pardonne-leur ils ne savent pas encore ce qu'ils écoutent
Si on lui demandait son avis Kanye West dirait que Yeezus est le meilleur album de 2013.
"This the greatest shit in the club, since In Da Club" (Send it up).
Enfin quand on appelle son album Yeezus et que l’on est ce qu’il y a de plus proche que le Fils de l’homme sur Terre, on ne peut que faire le meilleur CQFD. En même temps le titre de King (TI) était déjà pris et ne représentait pas assez l’ascension de Mr West hors du Rap Game lui qui produit, écrit, réalise, découvre (et fait découvrir), collabore et même conçoit de la mode ("Since the tight jeans they never liked you/Pink-ass polos with a fucking backpack" dans  I am a God). On retrouve ici les sujets qui lui tiennent à cœur l’affranchissement des « New slaves », la complexe relation amoureuse (« I’m in it », « Blood on the leaves », « Guilt Trip ») avec les médias et les femmes, le Yeezy qu’on aime avec comme toujours d’excellents samples plus jamaïcains cette fois-ci. Des productions efficaces avec des synthétiseurs qui forcent la distorsion et qui agressent l’oreille comme dans « On Sight » qui ouvre l’album. Pour ceux qui seraient dégoûtés par cette avalanche d’électro et des collaborations venues d’ailleurs notamment Justin Vernon de l’excellent Bon Iver et les Daft Punk, ils ne croient que ce qu’ils voient.

SEIGNEUR, PARDONNE-LEUR ILS NE COMPRENNENT PAS ENCORE CE QU’ILS ÉCOUTENT !

jeudi 19 décembre 2013

A LA DÉCOUVERTE DE TOM KINGUE - INTERVIEW PART I


Tom Kingue est un rappeur strasbourgeois originaire du Cameroun. Je l'ai rencontré dans un bar sympa à Anvers. J'ai pris un coca, Tom lui a commandé un cocktail aux fruits rouges façon. Cinq à six euros, très bon service et tout dommage que j'ai oublié le nom du bar en question. C'est con ! On a parlé de son parcours, de son actualité et d'existentialisme. Pour ceux qui ne le connaissent pas, "Tommy The" est un phénomène. Il a tellement de styles qu'aucune figure de style ne pourra vous donner une  image réelle de son talent. L'une des figure de proue du renouveau du rap français. Courrez voir et écouter ses premiers "Kiffstyles" ou encore "Le teaser de l'intro" puis une fois que vous aurez dégusté les beats de Sweet, attendez patiemment son nouveau projet intitulé "Cogito avant Ergo Sum" (#CAES). Son parcours, sa maison "Skillstormusic", ses punchlines, son art, la société, la NBA et 2K, Jésus et Judas...On divague et c'est doux !


Pour voir l'interview cliquez sur le lien ci-dessous :
http://www.youtube.com/watch?v=IVHYZbbNgvA


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Allofmejor sur Twitter !

mercredi 18 décembre 2013

Bref, je suis allée voir un match au Camp Nou ! by Anne-Claire

A part les amoureux du Real Madrid, qui ne rêve pas d’aller voir un match du FC Barcelone au Camp Nou? Un stade unique où respire le football, le vrai. Immersion au cœur d’un match où les passionnés du ballon rond et les fans de Neymar se sont réunis le temps d’une soirée : Barcelone-Villareal (2-1).


J’attendais ce moment depuis longtemps ! J’ai enfin assisté à un match du FC Barcelone au Camp Nou ! Traitez-moi de footix si vous le voulez, mais sachez que ma préférence pour le Barça n’est pas un hasard puisque "le jeu de la passe à 10" me rappelle les belles heures du FC Nantes dans les années 90. Eh oui, je suis nantaise avant tout ! La passion pour un club ne s’explique pas. Ma passion pour Fabregas non plus…
Je me retrouve donc en direction de la Catalogne pour assister à Barcelone-Villareal. Un match anodin me diriez-vous. Pas tant que ça, puisque le FC Barcelone devait à tout prix remporter la rencontre, s’il voulait continuer de faire la course en tête dans cette Liga plus indécise que jamais. Le sous-marin jaune, cinquième du championnat espagnol, avait les moyens de faire un grand coup à l’extérieur. Et sans Messi, le Barça est tout de même moins serein. Les enjeux étaient donc multiples pour les deux équipes.

Samedi 14 décembre 2013. Après une visite touristique de Barcelone, je m’apprête à passer ma soirée au Camp Nou. Il est 18h, quand mon frère et moi arrivons aux alentours du stade. A notre grande surprise, nous avons débarqué en même temps que le bus des joueurs du Barça. Je dois avouer que faire coucou à des vitres teintées est assez ridicule, mais bon tout est permis dans l’euphorie. Après l’ouverture des portes, nous arrivons à trouver nos places facilement, au dernier étage du stade, et la vue était magnifique. Les supporters arrivaient au fur et à mesure. Socios barcelonais, Anglais, Vénézuéliens, Français, Brésiliens…on aurait dit que le monde entier s’était réuni pour vivre cette soirée de football. D’ailleurs en parlant des Brésiliens, une forte communauté de supporters de l’Atlético Mineiro était présente au Camp Nou ce soir-là. Ils étaient de passage pour admirer les prouesses de Neymar avant d’aller au Maroc pour la Coupe du Monde des clubs champions. Les heureux détenteurs de billets profitent de l’entraînement des joueurs pour se prendre en photo dans le stade. J’étais installée au niveau du rond central et je pouvais apercevoir le couloir qui menait au terrain. Lorsque j’ai vu que les deux équipes étaient prêtes à rentrer sur la pelouse, j’avais hâte que l’un de mes moments préférés commence. Oui, je suis une fan incontestée de l’hymne du FC Barcelone ! Ce chant en catalan que reprend la foule me donne des frissons. La musique résonne alors dans tout le stade, les joueurs rentrent sur le terrain et nous reprenons tous en cœurs « Barça, Barça, Barça !!! ». Le match peut enfin commencer...  


"Ils savent à quel moment encourager les joueurs"

Pendant la rencontre, l’ambiance est assez bizarre. Les socios chantaient mais seulement pour quelques minutes. On se rend quand même compte que le public est un fin connaisseur. Les abonnés du stade, les vrais de vrais, écoutent le match à la radio. On les remarque avec leurs oreillettes. C’est assez drôle. Ils savent à quel moment encourager les joueurs. Chaque récupération de balle de la part du Barça est applaudie. La possession de balle est une culture ici. Les gestes techniques d’Iniesta, Fabregas, Xavi… sont également appréciés dans les tribunes. Et lorsque Neymar ouvre le score grâce à un pénalty transformé, on se dit que le plus dur est fait. D’ailleurs, il n’y pas de speaker pour annoncer le nom du buteur, ce qui est assez étrange. Seuls les écrans géants l’indiquent. Au retour de la mi-temps, Barcelone prend une douche froide avec l’égalisation de Villareal (1-1). Ça gueule dans les tribunes. Personne n’était au marquage sur le corner. La petite centaine de supporters de l’ancien club de Robert Pires, parqué tout en haut du stade, se fait alors entendre dans le Camp Nou. Entre temps, les supporters brésiliens de l’Atlético Mineiro, s’étaient rassemblés pour créer un mini kop. Ils n’arrêtaient pas de chanter et mettaient une bonne ambiance en haut des tribunes ! Malgré l’égalisation, les Barcelonais ont continué de supporter leur équipe. Je n’ai pas entendu beaucoup de sifflets, un grand changement par rapport à la Ligue 1 (et bim). Chaque sortie de joueurs barcelonais est ovationnée. Certains spectateurs se lèvent même pour saluer la prestation de certains. Neymar a été le sauveur de Barcelone puisque ce dernier a inscrit le deuxième but de son équipe. Un grand soulagement pour tous les supporters qui fêtaient ce doublé dans les tribunes. Le Brésilien a profité de son but pour saluer ses compatriotes venus en nombre. Je l’ai trouvé sympa ce petit coucou pour la tribune du haut. Les supporters ont alors entonné des « Neymar ! Neymar ! Neymar ! ». Il est devenu le nouvel héros du Camp Nou. D'ailleurs le dribbleur fantasque a tenté une nouvelle feinte sous mes yeux. Je l'ai nommé la technique de "l'homme fantôme", il a foncé tout droit dans un défenseur car il pensait pouvoir passer à travers ce dernier. Que nenni. Il a évidemment perdu la balle et son équilibre ! Bref, Barcelone n’a été tranquille qu’au coup de sifflet final. Le public s’est levé pour ovationner ses joueurs. Ces derniers ont salué leurs supporters venus en masse. J’ai profité d’un dernier instant pour contempler le stade avant de le quitter définitivement. Cette soirée restera gravée dans ma mémoire. Promis Cesc, je retournerais au Camp Nou.


PAR ANNE-CLAIRE GOURIN (journaliste Nantaise)
Suivez-la sur Twitter Anne-Claire Gourin

samedi 14 décembre 2013

BALLON D’OR : J’accuse…Bosman !

Ribéry, meskin !
C’est hyper amusant de lire des papiers anti-Ballon d’Or sur des sites qui se nourrissent de ce qui en en dépend. Lorsque les relais médiatico-footballistiques nous comparent Ibra à CR7 lorsque se joue un Suède-Portugal (la liste n’est pas exhaustive), on peut sereinement penser que c’est à cause d’eux que le foot est d’abord une question d’or. Il est donc logique que l’on puisse voter pour le meilleur joueur du monde dans un milieu aristocratique qui veut forcément un « aristos ». 

Ainsi, le Ballon d’Or est devenu la toile de fond d’hiver ou plutôt le fonds de commerce de la toile qui souhaite à tout prix hierarchiser diverses étoiles. La nouvelle tendance est de placer son petit tacle glacé aux grands décideurs de la FIFA and co. Le Ballon d’Or pour moi est une manière d’éviter les répétitions à tout va tout au long d'un papier traitant de Lionel Messi. En effet, au lieu de répéter "la Pulga" etc… Je peux successivement écrire le Ballon d’Or 2012, 2011 ou encore 2010 ah oui aussi 2009 (au pif en plus).

Ce bizarre ballon jaune existe depuis 1956. Sa récompense était réservée uniquement aux joueurs européens. Cependant de 1950 à 1970, le Brésil a régné sur le football comme jamais avec 4 finales de Coupe du Monde pour 3 victoires. Pourtant, les lauréats restaient européens…  Qu’est-ce que je raconte ? Je ne pense même pas avoir besoin d’être prolixe dans mon explication. La récompense France Football est biaisée depuis sa création et cela parce que Pelé et Maradona ne l’ont jamais gagné. (Je ne citerai pas Laurent Pokou mais je n’en pense pas moins).

Biaisé jusqu’à ce satané arrêt Bosman de 1995. Une décision rendue par la CJCE (ancienne Cour de Justice des Communautés Européennes) qui a permis d'une part aux joueurs en fin de contrat d'être définitivement libre, d'autre part aux clubs de compter dans leurs effectifs autant de ressortissants de l'Union Européenne qu'ils le souhaitent. La suite on la connait hein Arsène ! L’arrêt Bosman a donc ouvert les frontières du football à l’Europe puis au monde entier. Le monde du ballon rond s’est donc rendu à l’évidence : il est impossible de décerner un prix sérieux en occultant- en autre - le continent qui a produit les meilleurs joueurs de la planète depuis la naissance de ce sport. 

 "Dis lui merci Léo !"
« J’accuse Bosman de s’être fait connaître autrement que sur un terrain de foot.» 

On est passé d’une longue soirée incestueuse entre européens (1956-1995) à une ouverture mesurée vers la diaspora internationale. Mais depuis cinq ans, la cérémonie tourne autour de deux protagonistes : Messi et Ronaldo. Ils se disputent le prix de meilleur joueur dans une ambiance suspecte où partialité et favoritisme font bon ménage. Dur de lutter lorsqu’on s’appelle Frank Ribéry et que les critères d’attribution sont aussi équivoques que les lyrics de Queen Beyonce. #Watermelon ! L’article 3 des règles d'attribution stipule : « les distinctions sont accordées pour les performances sur le terrain et pour le comportement d’ensemble, que ce soit sur le terrain ou en dehors. » L’appréciation demeure au bon vouloir des sélectionneurs, des coéquipiers et des journalistes; autant dire que l’on peut se baser sur les prestations à l’échauffement, la diction en interview des joueurs et les retweets.  

Au début, c’était les journalistes (208) qui votaient. Bon, on peut naïvement se dire que ces derniers faisaient preuve d’objectivité et désignaient vraiment le meilleur joueur sans attache patriotique ou camaraderie de tout genre. Puis, ils se sont dit que c’était trop transparent, qu’il fallait mettre un peu plus de piment dans tout ça. Du coup, la FIFA copula avec France Football et nous pondit un œuf en or nommé « FIFA Ballon d’Or » avec comme parrain Lionnel Messi. Maintenant, on rentre dans le vice (et versa). On demande aussi aux sélectionneurs des pays membres de la FIFA (208), et aux 208 capitaines de ses sélections de voter pour le Ballon d’Or. Il est dorénavant utopique de trouver des critères justes et objectifs qui légitimeront l’existence de cette boule dorée. Naguère, c’était le palmarès, les trophées et la qualité du joueur qui  étaient mis en avant pour expliquer le couronnement du lauréat (Quid Owen en 2001, devant Oliver Kahn qui avait gagné la LDC). Il faut tout de même avouer qu’à la fin des années 90, le trophée avait de la gueule. On pouvait citer au moins 10 joueurs qui frôlaient l’excellence et qui méritaient de décrocher ce sésame. On aimait en débattre avec passion et non avec incohérence comme aujourd'hui. Le trophée est tombée en désuétude mais les organisateurs essaient toujours de nous le vendre comme l’Oscar du ballon rond. Foutaises !

Finir un papier style bashing sur le Ballon d’Or à la foot365 (pour citer ma source) par un sondage sur le Ballon d’Or c’est un peu comme critiquer une coupe du monde au Qatar et sortir « ouais non Paris ça reste Paris, c’est la capitale ! C’est différent quoi tu vois ». Mieux c’est un peu comme télécharger une application pour éviter le gaspillage d’argent après être passé du iPhone 5 au iPhone 5C. C’est peut-être ça le secret prendre cette comédie avec ironie. 

mercredi 20 novembre 2013

Nos Bleus victorieux !

Un peu plus (ou moins) d'euphories pour nos Bleus couillus
Qui, il y a peu, étaient insupportables, inconscients voire même énuques
La tempête qu'insuffle Victoire ne craint rien, elle ne s'arrête devant rien
Transformant l’animosité d’antan en liesse de joie au torse bombé.
Le terrain rengorge d'émotions pures, de sentiment primaires, d’une vulnérabilité certaine,
Un autre dirait que ces hommes sur le pré s'abandonnent à leur état naturel, à l'instinct !
C'est dire qu'il est ô combien difficile d'expliquer un regard, 
Un geste extirpé de ce champ de bataille des temps modernes,
Où les combats tantôt dramatiques tantôt épiques ornent l'histoire de toute une nation.
Au-delà du rond ballon, au-delà des débats d’éthique et de patriotisme
De savoir qui aime bien donc qui les châtie avec véhémence
Du commentaire illuminé de néophyte aux regrets avisés des anciens
Au-delà de toutes instrumentalisations, les Bleus nous ont tous fait plaisir....



Le môkô mon Vince...

mardi 12 novembre 2013

La banane


" Oh Paname Oh Paname,
C'est pour qui la banane ?
Je suis noir et j'ai la banane
C'est pour qui ma Banane ?

Les gens changent, les mots s'adaptent 
2013, le racisme version 2.0, nouvelle app
On aime le changement quand il est loin de nos affres
Ils espéraient tous Obama, expireraient même Ossama s'il pouvait éviter un Merah
Un miracle nommé Taubira, ma Obama préférée,
En pâtir seulement quand le mal est chez les autres
C'est pas nous c'est… les ritals les salauds,
Cécile K pourra "Otang" vous le confirmer,
Confiner dans nos cocons on crache sur la guenon
Bah quoi ! Nos figues viennent bien de chez elle, non ?
C'est pour qui la banane ?

Les choses changent, les gens s'adaptent
Eradiquer le racisme, j'y crois ap
Il est bien planté, implanté dans les têtes
Très tôt, et c'est l'heure de la révolte
Oups, pardon c'est l'heure de la récolte
Un V à la place du C et on parle de nègres
D'esclaves, de guerres, je digresse
République bananière, dit-on d'un Etat failli
Dire que les choses changent serait une infamie
Éclairez vos lanternes, qu'on voit votre âme
Souillée ou infâme, là où indifférence fleurie
On digresse, pourquoi parler de races s'il y en a qu'une seule ?
Disgrâce sur la France, à coup de bananes ?
Puis Buzz sur l’info et buzz sur ce fruit suivi d'un hashtag #bananehallal...
C'est comme ça qu'on joue avec l'histoire de nos jours 
Je suis noir et j'aime les bananes ! 
T'auras toujours un malin qui te traitera de singe
Avec ou sans banane en bouche, c'est même banal en douce
C'est pour qui la banane ?

Ma mère aurait pu s’appeler Christiane  
Insulte la et je ne te promets pas d'être "Greenpeace"
Insulte la et je te promets une éclipse 
Insulte la et je te "planète des singes" ton fils
Je ressens le malaise de Christiane dans les corridors de la Justice
Le combat continu n'est pas un bon son, mais un bain de sang continu 
Se battre non pas pour éradiquer mais pour mieux répondre pour faire comprendre
Pour désespérer nos agresseurs, pour les dégoûter…
Mieux répondre pour les honnir, les faire vomir  et pour s'emplir de fierté
Mieux répondre pour ne plus jamais à baisser la tête
A colporter ce sentiment de gêne devant plus coloré que soi
Dès qu'il est question de clichés édulcorés
Mieux répondre pour les faire se détester d'être ce qu'ils sont
Mieux répondre pour affirmer ce qu'on est…
C'est pour qui la peau de banane ?
C'est pour tous ceux qui singent la République !"